L'Orgue

Instrument de musique à vent, composé de nombreux tuyaux que l’on fait résonner par l’intermediaire de claviers, en y introduisant de l’air au moyen d’une soufflerie.

La console :
poste de commande de l’instru­ment

Les claviers :
Le nombre des claviers manuels est variable : deux, trois, quatre ou cinq. Dans les orgues anciennes, les deux cla­viers inférieurs présentent la même étendue, soit 50 à 54 notes : les deux claviers supérieurs se contentent parfois de 27 ou 32 touches. Dans les orgues modernes. ayant environ cent ans d’exis­tence, tous les claviers ont 54 à 61 notes.

Si l’on dénombre les claviers en partant du bas, le premier porte le nom de « grand orgue », le second, dont les tuyaux sont parfois placés au bord de la tribune, s’appelle le positif. Ces claviers peuvent parfois se présenter dans un ordre inverse. Le troisième clavier est celui du récit, le quatrième porte le nom de clavier de bombarde car il est réservé aux sonorités éclatantes, tandis que le clavier d’écho, le cinquième, fait enten­dre des jeux raffinés.

Grâce aux accouplements, il est pos­sible d’actionner les touches de plusieurs claviers à partir d’un seul. C’est une commodité pour l’organiste qui peut ainsi multiplier et varier ses plans sono­res sans changer de clavier.

L’organiste, à la différence du pianiste, peut utiliser ses pieds qui se meuvent avec agilité en agissant soit de la pointe, soit du talon sur le pédalier, réplique exacte du clavier, à une autre échelle bien sûr. et avec de larges touches de bois. Ce clavier-pédalier comporte actuellement 27 à 32 notes. Il est possi­ble d’accoupler les différents claviers au pédalier grâce aux « tirasses » qui sont en nombre égal à celui des claviers.

Le tirage des jeux :
A droite et à gauche des claviers ou encore au-dessus du dernier clavier, au fronton, sont disposés un grand nombre de dominos et de tirants improprement appelés « jeux ».

Mettre un jeu ou tirer un jeu consiste en effet à faire fonctionner un méca­nisme qui permet de faire parler une ran­gée de tuyaux. A quelques exceptions près, il y a autant de séries de tuyaux qu’il y a de jeux à l’orgue, le nombre de tuyaux d’une série étant égal au nombre de touches des claviers. A l’aide de « tirants », souvent terminés par un bou­ton sur lequel est inscrit le nom du jeu (trompette ou bourdon par exemple), le musicien « appelle » le jeu et peut ainsi choisir ses sonorités suivant le morceau qu’il joue ou selon le caractère de telle ou telle partie d’une pièce. Quand le jeu est repoussé aucun son ne se produit lorsqu’on appuie sur les touches.

D’autres boutons à portée des mains mais aussi des pieds, les « combi­naisons », permettent d’enregistrer à l’avance les sonorités dont le musicien a besoin en cours d’exécution.

Leurs dimensions :
Ces tuyaux offrent une grande diver­sité de taille, en hauteur, en largeur ou en diamètre ; on appelle diapason les mesures et dimensions de chaque tuyau. Suivant une très ancienne coutume, le calcul se fait en pieds, le pied représen­tant trente-trois centimètres.

Tel jeu est dit de seize pieds (on écrit 16’) parce que le tuyau le plus grave mesure 16’ de hauteur soit 5,28 m. Un jeu de 32’ comportera pour l’ut le plus grave (ut 2) un tuyau de 10,40 m. Par contre les tuyaux les plus aigus peuvent atteindre 3/8 de pouce, soit un peu plus d’un centimètre.

L’ensemble donne un spectre sonore qui couvre 10 octaves (le piano n’a que sept octaves) et qui va de 16 à 16 400 périodes.

Si un tuyau est fermé par une calotte, il sonne à l’octave inférieure du tuyau ouvert de même dimension. La différence de timbre entre les jeux provient essentiellement du mode de fonctionnement des tuyaux.

Sommiers et mécanique :
Toute la tuyauterie de l’orgue repose sur des sommiers, sortes de grandes caisses de structure complexe qui reçoi­vent l’air nécessaire à faire parler les tuyaux. Pour un seul clavier, on dispose de deux sommiers sur lesquels les tuyaux progressent par tons entiers, le côté ut et le côté ut dièse.

Le sommier est d’abord composé de la "laye" où s’emmagasine l’air et où manouvrent des soupapes actionnées par les touches des claviers. Quand cel­les-ci s’abaissent, elles laissent pénétrer l’air dans la gravure, long canal central correspondant à une note. Les gravures sont délimitées par une série de cloisons parallèles. Au-dessus des gravures est plaquée la table percée de trous correspondant aux rangées de tuyaux ou jeux, et aux notes. Cette table est surmontée d’un registre mobile qui coulisse comme un tiroir plat percé de trous et correspondant à un jeu. Le registre supporte la chape percée de trous identiques.

Pour faire parler les tuyaux, on abaisse les touches, mais on doit manouvrer à l’avance le registre. Lorsque celui-ci est tiré, ses trous corres­pondent à ceux de la table et de la chape : l’air peut donc faire chanter le jeu choisi.

L’abrégé :
L’abrégé fait partie de la « traction », dans les orgues à transmission mécani­que. Des soupapes aux claviers, ce mécanisme est composé de rouleaux horizontaux et de vergettes verticales permettant de relier les unes aux autres les diverses articulations. Il réduit la lon­gueur existant entre le sommier et les claviers, en déplaçant latéralement le mouvement d’enfoncement des touches du clavier. En effet, le clavier d’un orgue atteint au maximum une largeur de 78 cm et son action doit aboutir à la base des tuyaux posés sur des som­miers de plusieurs mètres de largeur. L’abrégé peut être parfois remplacé par un système pneumatique ou électrique.

La ventilation : L’alimentation en air est assurée par un ventilateur électrique. Entre le ventila­teur et les sommiers se situent les réservoirs qui emmagasinent l’air. Une pression d’air régulière et parfaitement mesurée est indispensable pour une bonne sonorité des tuyaux.

Les réservoirs sont aussi appelés régulateurs, car ce sont eux qui assurent la régularité et la précision de la pression d’air, grâce aux poids dont on les charge.

Dans les instruments de l’époque classique, la pression est basse. Elle doublera dans les orgues du XIX e siècle. Aujourd’hui, la tendance est au retour à la basse pression, pour des raisons d’esthétique sonore.

Portfolio

L’Orgue

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